Corps-Thérapie, une thérapie par l'équilibre et le mouvement.

Corps-thérapie ?

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La Corps-Thérapie est une pratique gymnique un peu à part...

Elle repose sur une démarche didactique où les enseignements traditionnels gymniques se nourrissent des sciences du mouvement et des neurosciences.

L’un des principes est d'influencer plus consciemment nos capacités à mieux sentir pour mieux agir.

C'est une gymnastique de pleine conscience !

Le cheminement en corps-thérapie consiste à trouver progressivement les moyens de faire des mouvements dans de bonnes conditions d'équilibre et de souffle pour développer l'amplitude et la force graduellement.

L’enseignement se fait grâce aux mimétismes, aux explications, aux déclinaisons qui accompagnent le processus et permettent d'adapter les enchaînements car il est question de rythme, avant tout.

La Corps-Thérapie, grâce à de nombreux exercices spécifiques et variés, permet de mettre en évidence nos compétences fonctionnelles à différents niveaux du corps; on apprend, ainsi, à  mieux gérer notre équilibre dynamique.

En pratiquant régulièrement, on apprend à mieux se connaître et à retrouver progressivement de nouvelles possibilités non seulement gestuelles mais aussi comportementales. Cette pratique nous enrichit le présent.

Elle facilite la pratique d'activités sportives grâce à une meilleure connaissance de soi-même, de son potentiel.

 

Rémi Balthazard


01 mars 2019

Le lieu de l'instant

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Le lieu de l’instant 

 

« Comment détecter les lignes de forces en présence ? Comment les comprendre pour les associer ? De quelle manière le terrain peut être porteur ? De quelle façon peut-on intégrer le lieu de l’instant pour que la situation puisse s’infléchir favorablement vers un échange d’informations structurantes ?»

« La lanterne de l’expérience n’éclaire que celui qui la porte »

« (...) en quelques secondes, ils peuvent passer du silence à une danse frénétique, accompagnée de claquements des mains, de mouvements rapides des pieds, pendant que les plus inventifs dérobent dans la cuisine une casserole ou un plateau pour en faire des tambours de fortune. »

 

« Déjà la fin du plus petit et plus jolie mois de l’année !

Que le temps passe vite... »

 

 

Mais pourquoi est-ce si difficile de vivre l’instant ?

Lieu de notre réalisation, lieu de notre vieillissement aussi...

 

Serait-ce l’instant d’un questionnement dérangeant ? Un lieu trop déstabilisant ? Un moment laissant apparaître une fragilité, une vulnérabilité ? Au point qu’il vaille mieux s’en échapper ?

Et, en dépit de toutes ces difficultés, chercher à vite ranger ces moments dans une zone du passé qui pourrait bien servir, une prochaine fois ?

À moins que notre mémoire symbolique réponde préférentiellement à toutes ces incertitudes pour les couvrir d’un voile de bienséance et de civilité. 

Observer, écouter, se souvenir de notre potentiel réactif pour interagir avec les subtilités de l’instant peut sembler moins confortable car il s’agit encore de trouver l’interstice, de s’y glisser rapidement pour tenter d’approfondir la relation, et mettre en évidence l’importance du processus relationnel.

Quand on évoque une période de notre existence, on fait généralement appel à un mode de réflexion symbolique. Les images stimulent l’imaginaire, les mots insufflent des concepts ce qui fait de nous des êtres de culture en quête de définitions, de compréhension, d’assimilation.

Souvent, il convient de s’imposer une exigence de clarté voir de simplification pour s’accorder une certaine vision commune des étapes de la vie, du temps qui passe...

Pour y parvenir, il est souvent nécessaire d’éliminer le singulier, l’ambiguë, le complexe.

Ainsi, dirons-nous que les décades, les considérations socioprofessionnelles et les activités pratiqués sans oublier le fameux bulletin de santé (...) apportent déjà de nombreux repères.

Un autre phénomène contribue également à faciliter la compréhension, c’est le concept directeur de la prééminence d’un idéal sur le réel de nos vies. Autrement dit de donner beaucoup d’importance aux modèles sur-représentés qui finissent par s’imposer comme des simulacres de réalité.

Ainsi chercherons-nous, par choix à nous démarquer ou à nous assembler, selon le cas, autour de codes vestimentaires, prenant par là-même, les apparences d’une sorte d’idéal qui nous sciée, histoire de brouiller encore un peu les pistes...

N’existerait-il pas d’autres moyens de compréhension du temps qui passe, d’autres moyens d’en enrichir notre entendement ?

Cette symbolique temporelle à forte connotation culturelle, ne devrait-elle pas s’accompagner d’une plus grande attention aux circonstances et finalement à notre capacité à entrer en relation avec notre environnement ?

Certes, la bienséance et la civilité apportent des éléments utiles à l’élaboration d’une mise en relation, mais les ressources issues du grand nombre d’expériences répétées apportent au moment que l’on est train de vivre plus d’intensité.

Quoiqu’il en soit, la réflexivité face aux circonstances comme la prospective de modèles à suivre ont pour objectif de vouloir se confondre avec le résultat : une bonne qualité de relation.

 

La qualité de l’échange est tout ce qui importe !

 

Cependant, forces est de constater que les ressources principales de la mise en relation s’inscrivent essentiellement dans la situation. Cette dernière est porteuse d’informations à même de favoriser les variations de forces et de directions afin d’engendrer un échange, de faire advenir plus favorablement la mutation en cours.

Les stratégies qui en découlent permettent un rapprochement relationnel, une juste distance entre les éléments pour leur offrir les conditions de l’échange d’informations.

Cette action ressourçante s’accommode d’un champ des possibles dont l’impact dépend aussi du cadre. Le décorum en adéquation avec « l’importance » de la situation apporte les conditions d’un échange fructueux.

De cette relation, il en ressort des logiques harmoniques, une éthique de l’échange semblable à une esthétique de l’entre-deux, une composition joyeuse et bien orchestrée.

La plupart du temps l’exercice consiste à composer non pas avec des ressemblances, comme on peut l’imaginer par les processus analogiques habituels mais bien de composer avec la différence, comme si le rapprochement ne s’opérait que par médiation.

Dans cette acception, les acteurs doivent intégrer l’autre, l’objet qu’il ne gère pas, qu’il n’aime pas, même, et qu’il doit prendre en compte pour ne pas les exclure.

Les acteurs en place sont invités à chercher à se mettre en retrait pour laisser advenir...

Mais c’est le plus réactif, le mieux informé qui gagnera en position favorable pour rendre service à la qualité de la rencontre. C’est une position éthique et esthétique au service du vivre ensemble.

Cela ne signifie pas qu’il faille totalement renoncer à l’unité conventionnelle et idéalisée mais il faut savoir respecter la liberté de chacun, renoncer à tout ordonner.

 

Comment donner une force constructive à une relation ?

 Comment faire en sorte que chacun de nous soit poussé à son meilleur sans se mettre en avant ni laissé s’installer le chaos, pour que l’échange reste le lieu où vivre garde un sens et conduise vers un rapprochement ontologique ?

 Notre sentiment d’existence évolue avec le temps, lorsque l’on ressent qu’on a vécu plus de temps qu’il ne nous en reste à vivre, quelque chose peut naître en nous de différent. Il y a une sorte de déprise qui peut nous rendre plus vrai.

Tout vient par immanence, nous ne décidons pas de ce passage à cette autre phase de la vie.

Quelque chose se décale, par un cheminement discret et ouvre progressivement des possibilités qu’on n’attendait pas.

On réalise aussi sa mort, l’annonce de cette fin donne au présent une acuité nouvelle.

 Alors l’authenticité, la sincérité, la singularité assumée se mêlent avec les souvenirs de son destin, son histoire vécue. On aimerait les offrir au commun, à la famille, à son entourage pour partager l’expérience d’une communauté d’esprit, d’une filiation héréditaire aussi.

 Est-ce dont cela le vieillissement ?

Faut-il encore chercher des lieux propice à vivre l’instant pour continuer d’exister, de se réaliser encore un temps ?

De tout cela est fait notre vieillissement, du lieu de l’instant.

 

"Et puis, après tout, soyons maître de la répartie, du second degré et du décalage, juste histoire d’entrer en musique et à pas cadencé dans la comédie de tous les possibles."

Molière.