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 #migrant’s mood :

 « Ils bifurquent, reviennent parfois sur leurs pas, tâtonnent… Ils cherchent encore leur « chance », certains, aussi, s’essoufflent dans leur quête et marquent le pas, découragés, abîmés par leur fuite, mais ils ne peuvent imaginer un instant rebrousser chemin.

Comment faire demi-tour après tant de route ? Comment avancer quand tout paraît bloqué ? ».

Les phénomènes migratoires dans leurs expressions contemporaines ne cessent de nous interroger sur les chemins à explorer pour traverser le temps...

Homo sapiens est un migrant !

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Alors, faut-il s’interdire des chemins trop escarpés, au risque de glisser ? Faut-il rester sur des routes déjà bien tracées, au risque de se scléroser ?

Pour aller vers sa « destinée », faire ce qu’on « aime », croire en sa « chance », vivre de sa « passion », comment faire ?

Souvent, on cherche à mieux comprendre par où l’on est passés, avec quelles histoires on peut se raconter pour mieux s’identifier, se circonscrire.

Comment mettre en relief nos aptitudes et nos connaissances ?

Et puis, quelles ambitions porte-t-on pour l’avenir ? Quelles priorités est-on prêts à s’imposer ? Dans quelles perspectives temporelles ? De quelles capacités de conciliation voir d’abstraction dispose-t-on ? Quelles logiques de combat est-on prêts à mener ?

Alors comment se décider quand on est à la « croisée des chemins » ?

Est-ce notre histoire qui nous conduit à faire un choix ou la promesse d’un devenir en évolution favorable ?

Comment faire le lien entre ces deux périodes de temps et le présent, l’instantanéité du moment, le réel de l’échange?

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Bien que le cadre des échanges soit généralement bien défini, l’incertitude, l’aléatoire compose ce présent. Le champ d’expression des possibles est limité par les caractéristiques du moment mais il est toujours possible de « battre le hasard » et de tirer profit des rebondissements engendrés.

C’est la partie à jouer !

alcc4Cette dynamique du présent à la fluctuation variable nous invite à faire des choix tactiques et stratégiques pour mieux interagir.

Mais qu’est-ce qu’un choix tactique ?

Un attitude corporelle capable de nous mettre à l’écoute ?

Une capacité à entrer en jeu au bon moment ?

Un ensemble de savoir-faire qui nous engage dans l’action ?

Être un bon tacticien, c’est aussi savoir prendre à contre-pied, parfois même savoir faire un pas de côté, c’est surprendre en jouant des oppositions, c’est s’affirmer sans s’imposer, c’est emmener l’autre dans son sillage, dans son cercle vertueux...

Une prestation d’équilibriste !

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Cette dynamique du présent dépend également d’élaborations stratégiques, la planification, la qualité des contenus informationnels à délivrer en sont les principaux éléments.

Par ses concepts, la stratégie lisse un peu le présent, elle le tend entre le passé et l’avenir. La stratégie formule un contenu cognitif et l’illustre de symboles signifiants. La stratégie limite les interactions, elle donne une direction, une projection vers l’avenir.

En dépit d’un champ des possibles contraint par les circonstances, d’un contexte déjà bien esquissé, de règles et de normes bien établies, l’enjeu est d’user de tactiques et de stratégies ! 

alcc10De notre corps sensori-moteur, de nos fonctionnements neurologiques à multiples niveaux d’intégrations, les tactiques sont issues.

Alors comment nos réflexes posturaux qui soutiennent notre condition d’être humain peuvent-ils être mieux stimulés?

Que sommes-nous inviter à mobiliser de façon plus certaine ?

Comment est-il possible de mieux se déployer, de mieux s’ouvrir, de mieux réagir à l’instant ?

 

Léonard_de_Vinci

La connaissance de soi par le corps demande un cheminement qui oscille entre quête d’équilibre stabilisateur et recherche de mobilités à fluctuations variables. L’exploration de son souffle, de ses forces de redressement conditionnées par la gravitation, de ses pivots rotatoires sont des éléments structurants pour élaborer des savoir-faire dont la finalité est l’adéquation d’un comportement avec la situation. Par ces compétences, on se situe dans un flux relationnel à même de faciliter l’exploration de la situation et d’intervenir dans des échelles de temps et d’espace variées.

Tout cela « s’apprend sur le tas » et la logique didactique prévaut. Bien sûr, le rapport à l’environnement par le jeu, par les activités sportives et artistiques sont les moyens les plus couramment employés, il présente l’avantage d’être accessible à tous avec les moyens dont on dispose.

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La corps-thérapie est un moyen privilégié pour apprendre à mieux se connaître, on apprend à décliner ce que le corps nous invite à redécouvrir comme fondamentaux à explorer.

Redécouvrir ses stratégies d’équilibres dynamiques est l’objectif fondamental.

Aimable remerciement à Patrick Barthes (sur FB Pataphotograpie) pour cette photo.

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De notre réflexion menée, du travail accompli, on élabore des stratégies, des plans pour illustrer et synthétiser l’information, la transmission à caractère symbolique en résulte.

Fondamentalement, quels objectifs avons-nous ? Quel est notre responsabilité vis-à-vis de l’autre ? Comment œuvrer pour favoriser des écosystèmes propices à la réalisation de soi et de l’autre ? Et finalement comment faire société humaine ?

Vaste programme !

La connaissance de soi par la pensée, la capacité à se représenter, à se forger une identité passent par la coexistence de conceptions éthiques, ontologiques, philosophiques, elles ont toutes pour buts de faire exister l’autre autant que soi-même dans un laps de temps plus long. Leurs raisons mêmes de se déployer dans nos sociétés sont de nous inscrire durablement dans le temps jusqu’à en explorer l’idée même de la pérennité, de la durabilité dirait-on aujourd’hui.

Apprivoiser ces notions est difficile, pourtant tout est fait dans la nature de l’existence pour le constater à travers nos propres expériences de vie : le déséquilibre est partout, le foisonnement d’informations omniprésent !

alcc8Comment peut-on tenter de répondre à cette tension entre l’incertitude de l’action et le rôle stabilisateur apporté par l’information ordonnatrice, le symbole qui rassemble et fait durer ?

Au fond, comment comprendre la nature même de cette tension qui tient l’ensemble et qu’on pourrait appeler désir ou alternance indivisible selon la sensibilité de chacun ?

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Les histoires partagées dans notre patrimoine littéraire, les contes populaires de notre enfance nous en parle; par choix personnel j’aimerais plus particulièrement m’arrêter sur une histoire qui a marqué mon enfance : La chèvre de Mr Seguin.

  http://herve.flores.online.fr/V-illus/liens/chevre.html

« Ah! qu'elle était jolie la petite chèvre de M. Seguin !

Ses yeux, sa toilette, son comportement tout donnait l’impression d’une vie de chèvre bien accomplie.

M. Seguin lui avait aménagé un bel et grand espace mais pas aussi attrayant que la montagne qu’elle contemplait. Alors, lasse de cette vie, elle décida de se lancer et profita de sa nouvelle liberté avec grand plaisir.

Quand la nuit tomba, que les hurlements du loup se manifestèrent, elle entendit au même moment la trompe de M. Seguin. Hésitante, elle eut envie de rentrer; mais en se rappelant sa condition d’avant, elle pensa qu'il valait mieux assumer le choix qu’elle avait fait.

Alors, la chèvre de M. Seguin combattit, elle voulait faire mieux que les autres chèvres et durer plus longtemps en dépit de la mort annoncée. « Ses petites cornes entrèrent en danse », gourmande, elle cueillait encore de sa chère herbe avant de retourner au combat la bouche pleine.

Cela dura toute la nuit. De temps en temps la chèvre de M. Seguin regardait les étoiles danser dans le ciel clair et elle se disait:

«Oh! Pourvu que je tienne jusqu'à l'aube...»

L'une après l'autre, les étoiles s'éteignirent. Blanquette redoubla de coups de cornes, le loup de coups de dents...

Le chant du coq monta d'une métairie.

- Enfin ! dit la pauvre bête, qui n'attendait plus que le jour pour mourir;

et elle s'allongea par terre dans sa belle fourrure blanche toute tachée de sang.

Alors le loup se jeta sur la petite chèvre et la mangea. »

alcc1De prime abord, au pied de la lettre, on serait tentés de croire que la morale de cette histoire se réduit à l’idée qu’il ne faut pas s’échapper de son pré carré pour ne pas avoir d’ennui, qu’il est dangereux de s’éloigner de sa zone de confort si l’on veut continuer tranquillement ses habitudes et se reposer sur des symboles rassurants.

Ce qui n’est pas le choix de cette coquine de Blanquette...

Avec un peu de recul, on réalise que ce choix est bien moins sot qu’il n’y paraît :

Comment aurait-elle pu vivre sans apprécier la beauté de la montagne ?

Comment aurait-elle pu se priver des plaisirs de la vie ?

Comment aurait-elle pu rêver sans « regarder les étoiles danser dans le ciel » ?

Comment aurait-elle tenue sans s’accrocher aux dernières lueurs d’étoiles ? 

alcc14Au fond, quand on fait le tour de ces questions, apparaît plus clairement le véritable enjeu de « Blanquette » : celui d’apprécier le combat de la vie !

Le temps d’une nuit ?

Ce satané temps nous harcèle, dans l’absolu, une nuit c’est court pour vivre l’aventure d’une vie...

Son apparente rapidité peut nous mettre en difficulté.

Comment explorer les différentes possibilités de séquencer le temps pour mieux interagir, si ce n’est à travers l’adversité, la répétition de milliers d’actions, l’exploration de différents cycles ?

Le temps d’une nuit ?

Dans ce conte, la durée se mesure, en réalité, à la vie des autres chèvres étant passées avant elle. Combien de temps les autres chèvres ont vécu ?

Comment faire pour durer au moins aussi longtemps qu’elles, pour se mesurer dans la durée avec ses alter ego.

Le temps d’une nuit ?

Ce temps, c’est aussi celui de l’obscurité, des hésitations où seules les étoiles donnent de l’espoir, c’est celui d’une vie incertaine qui ne demande que des inspirations célestes pour réagir avec l’autre et mener le combat.

 

                                                    La nuit est en réalité le temps d’une vie !

 

Si l’on désir opérer avec pertinence sur une situation, si l’on veut adopter une réponse à la question qui se pose, il nous faut composer avec tous les éléments à disposition. Nos connaissances, nos savoir-faire, nos aptitudes, nos paroles doivent se réagencer pour former un ensemble cohérent.

Or sans la fluctuation intrinsèque des éléments qui s’ajustent entre eux, sans la convection nécessaire du souffle de vie qui les anime, sans le hasard du mouvement des éléments qui se trouvent en présence, il n’y a pas de vie réelle, pas d’échange, pas de synchronisation.

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Alors ce temps est l’occasion de tenter de redonner un coup de corne...En dansant bien sûr...sans être vraiment sûr de sa pertinence, de son effet sur la relation constructive avec l’autre...

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Épilogue :

Croiser des chemins, croiser le fer, croiser l’âme sœur...

S’échapper un peu du « droit chemin », sortir des sentiers battus, reste le seul moyen de se trouver à la croisée des chemins pour y trouver quelqu’un...

 

 

 

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Rémi BALTHAZARD