Grenoble

Et si la kinésithérapie...

Et si la kinésithérapie, l'art du mouvement thérapeutique devait se rapprocher de la physique relative...

 S'inviter au jeu de la cinématique du vivant, l'explorer à partir des champs expérimentaux offerts par les théories de la « relativité ».

Il faut bien se rendre à l'évidence, depuis plus de cent ans, cette physique contribue à élargir notre compréhension de la nature de notre univers. Celui dont nous sommes issus, celui dont nous dépendons.

Elle nous invite à le dévoiler.

Nos repères, essentiellement Euclidien, où règne la règle et le compas, apportent une lecture utile à partir de laquelle on peut se représenter des directions. Ils tentent de situer nos corps dans l'espace grâce aux plans orthopédiques, aux axes rotatoires, aux droites ou autres courbes. Ils nous apportent un vocabulaire de conventions mais il peine à formuler ce qui se passe réellement dans l'organisation du mouvement intime au sein de chaque pivot articulaire comme du mouvement corporel en quête d’exploration spatio-temporel.

Notre « séquenssage » du temps, à partir du temps solaire dit universel, nous fait quelque peu explorer les durées dans lesquelles nous sommes invités à rentrer, la vitesse d'exécution étant le critère principal auquel on prête attention, mais il n'aborde pas la question de la nature du moment que nous sommes censés animer, ni même de la longue trajectoire de vie que nous sommes censés poursuivre...

Nos connaissances anatomiques nous ouvrent vers un monde plus volumétrique, fait de formes courbes et de couches successives, mais les actions biomécaniques qu'on attribue à notre patrimoine musculo-articulaire sont interprétées de façon assez peu fonctionnelle, c'est à dire peu révélatrice de ce qui se passe réellement. En fait, la motricité musculaire, avant de donner des directions à nos actions, contribue à organiser des orientations à nos pivots, bien comprise, elle cherche à exprimer la rondeur, la forme sphérique. Communément, cette motricité propre à chacun associe de façon variable les différentes composantes analytiques que les muscles sont censés réaliser...

La résultante des processus rotatoires et des contraintes encaissées reste assez propre à chacun...

Et c'est sans compter sur les interactions à distance !

Cette motricité traduit des tentatives d'ajustement autour des logiques d'équilibres et de mouvements ce qui nécessite de la répartition motrice à travers le corps et en particulier dans la zone du buste. Les éléments comme la facilitation gestuelle et l'organisation de la propagation de l'action sont souvent négligées car la dialectique biomécanique n'en tient guère compte. Souvent, les performances autour du déplacement et du temps deviennent les révélateurs principaux d'interprétation de nos actions.

Dans le domaine médical, il existe quelques tests de perte d'autonomie ou de fonctionnalités déficientes (comprises comme des choses qu'on ne peut plus faire).

Ils nous apportent une convention de langage mais il nous éloigne du sens à donner à nos réalisations...

L'approche neurologique nous conduit vers un univers plus complexe, elle nous invite à une lecture du mouvement à travers les réseaux de neurones, véritable voix de circulation aux multiples interconnexions. Cette approche nous sensibilise à la vitesse de conduction, aux relations entre les différentes structures fonctionnelles de neurones (substance grise et blanche, cortex diencéphalique, toutes les régions sous corticales, cervelet, tronc cérébral, moelle épinière etc...), aux liaisons synaptiques régulées à différents niveaux, aux échanges de calcium et de magnésium, à la conduction ionique...

Cette dialectique neurologique permet de mieux observer nos réflexes, nos savoir-faire, elle aide à la compréhension de nos fonctionnements, elle invite même à interagir subtilement avec ce milieu pour mieux l'influencer. Des explorations fines sont possibles grâce à des méthodes spécifiques très élaborées comme l'imagerie et les encéphalogrammes, par exemple. L'observation, l'œil du Maquignon qui se structure avec cette dialectique neurologique, complété d'une approche tactile et kinesthésique apportent beaucoup d'informations et permet d'induire une réaction, un échange dans tous les cas de figure.

Cette méthode d'exploration qui repose sur l'expérience humaine a un caractère « intégratif », elle apporte son lot d'informations par le questionnement qu'elle suggère et les réponses manifestées. Subjective, elle cherche à évaluer les « emplacements », la fluidité de la posture. Elle cherche également à s'informer des réalisations gestuelles, des schémas de mouvements qui révèlent notre révolution vers l'équilibre debout. Elle explore également de quels moyens on dispose pour organiser un déplacement tout en déséquilibres assumés.
Assumés car il s'inscrit dans la variation qu'on lui accorde, dans l'inertie qu'on cherche à diminuer.

Il s'agit de rechercher le principe de la facilitation ondulatoire avant tout.

Comment limiter les résistances tout en respectant des rythmes propres à chaque structure corporelle ?

(Pour ne pas s'emballer et fuir trop vite vers ce temps qu'on traverse...) 

Par cette démarche, l'art côtoie la science, un vocabulaire existe, il nous invite à entrer dans l'univers sémantique de la cinématique relative à l'épreuve du corps. Les principes de cette physique favorisent l'exploration du mouvement humain dans ce qu'il contient comme invitation à changer de point de vue pour analyser ce qui tend à se passer, selon plusieurs référentiels.

Il s'agit d'analyser comment le mouvement humain peut évoluer dans l'espace-temps indissociable...

Par cette physique, il est possible d'appréhender le mouvement dans sa complexité, d'en épouser les contours tout comme d'en explorer son intimité.

 

Rémi Balthazard 

 

Abonnez-vous à la newsletter si vous en redemandez...

 

Rendez-vous dans 3 mois. Faut que je retourne travailler ;-)